Transcription
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Reçue à Grenoble, le 11 mars 1573.
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Monsieur, pour response à la lettre qu’il vous a pleu m’escrire du jour d’hier,
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je vous direy quant à l’advis qu’il vous plaict me demander touchant
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celuy que vous pourriés establir pour commander à Ambrun, que je vous
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remercie très humblement de l’honneur qu’il vous plaict de me faire, et que
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ce n’est la première obligation de laquelle je vous suys très redebvable ;
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et puys qu’il vous plaict monsieur que je vous en die ce que j’en
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pense, sy mon frère de Bon repoz voloit prandre ceste peyne, il me
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semble qu’il seroit bien propre pour cest effaict. Je ne luy en ay
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jamais parlé. S’il vous plaict monsieur, de l’entendre de luy et de
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luy commander votre bonne volonté, je suys asseuré qu’il ne lexcedera
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en chose quelconque ; et à son resfuz, monsieur, vous avés monsieur de
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Rame ; lequel se contantera de tout ce qu’il vous plairra luy ordonner et
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commander, ne voiant qu’il leur soyt aulcunement besoings de compaignie, attendu
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qu’ilz sont tous catholiques, et qu’à toute heure ilz peuvent jecter des
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païsans dans la ville qu’ilz font leur santinelles quant ilz en ont besoing
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comme ilz ont jà faict. Je l’ay gardé de ceste facon durant leurs plus
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grandz forces, mays ung peuple sans chef est bien aysé à s’estoner
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comme il vous plairra veoir par leurs lettres qui sont à cest heure bien
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honnestes lors qu’ilz ont besoing des gens lesquelz ilz oblient assés
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aysement, comme vous avés peu cognoistre monsieur, par leurs dernières
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actions. Je vous plairra de commander que leurdites lettres me soient
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randues à votre première commodité car elles meritent bien d’estre gardéez
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pour la confession qu’ilz font en icelles. Je pense monsieur que monsieur
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le vibaly de Gap vous aura adverty que leurs voysins se doibvent
26esmouvoyr entre cy et Pasques et que quelques catholisés se [barré : revire ]
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sortis hors de leur ville sans revenir. Je ne vous ferez plus
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[286v°] long discours, si ce n’est pour me recommander très humblement à votre
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bonne grace et prie Dieu,
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monsieur, qu’il vous veulle donner en parfaicte sancté, longue et heureuse
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vie. De Baiard, le XIe de mars mil VCLXXIII.
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Votre très humble allié et serviteur
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G. Davanson A[rcheveque] d’Ambrun.
